Le trajet....

 

 

13 mai 2010

 

Cette année 2010 aura été l’année des changements.

Fin 2009, nous avons décidé de devenir propriétaire car il nous semblait que c’était le moment (taux intéressant, prix pas trop cher) et surtout en tant que locataire on ne pouvait mettre personne dans notre maison pendant notre voyage.

Nous avons donc cherché sur la même commune, pour ne pas changer les enfants d’école, car les directeurs et professeurs connaissent bien Anaïs et Maxime et il me semblait que ce serait plus facile pour expliquer notre projet.

Nous avons trouvé une case avec une petite vue sur la mer, près des écoles, une affaire nous a-t-on dit !

Il a fallu gérer en plus du voyage, un déménagent sur 2 mois, puisque comme le hasard fait bien les choses, les parents de Thierry ont réussi à vendre leur maison pour venir s’installer à la Réunion. Nous leur avons donc gardé un peu plus notre location pour qu’ils aient un pied à terre à leur arrivée.

Nous avons emménagé début mars et à ce jour nous sommes tous ensemble dans notre nouvelle maison qui est plus petite. Il a fallu se séparer de quelques meubles et affaires, ce qui permet de faire le vide, et merci les brocantes et petites annonces !!

Nous avons fait construire un abri de jardin car il n’y avait aucune dépendance, merci aux travailleurs courageux qui ont fait ça rapidement.

Après quelques petits travaux dans notre nouvelle maison (chauffe-eau, toiture qui fuit…) nous voilà intallés.

Nous avons fait connaissance avec le voisinage qui semble sympa. Nous avons la même tranche d’âge et des enfants du même âge voire dans la même classe.

Pour cet achat, nous avons dû changer de banque car la nôtre était moins compétitive et là aussi pas si simple, envoyer des RIB, des courriers, recommencer encore et encore, les changements d’adresse.

A ce jour nous sommes en pour-parlé avec un jeune couple qui venir à la Réunion pour 6 mois du 01/08 au 31/12, les dates correspondent parfaitement à notre absence. Il a donc fallu concocter un contrat de location et il va falloir refaire des cartons pour vider nos affaires personnelles et laisser la place aux locataires provisoires.

Nous avons pris contact avec l’inspection d’académie et la mairie car nous allons devoir déscolariser les enfants et les réinscrire à la rentrée (pour nous en février) là non plus cela ne va pas être simple. Nous allons faire appel au CNED pour nous aider pendant ce bon trimestre où ils seront absent.

Financièrement nous calculons notre budget régulièrement, 1/3 du bateau est déjà payé depuis octobre 09, et nous devons payer le 2/3 en juin.

Au niveau de la santé, Thierry et moi avons fait quelques bilans sanguins, nous avons fait récemment tous les 4 le vaccin de la fièvre jaune, il reste encore l’hépatite A et la fièvre typhoïde. Pour la rage, on nous a répondu que ce ne serait pas indispensable, que s’il y avait un problème de toute manières il faudrait  voir un médecin et refaire tout un protocole de vaccins.

Nous avons vu le dentiste, le gynécologue pour moi.

Il faut encore que je m’occupe de la pharmacie.

Minet, notre chat, va partir en métropole chez mes parents où je pense qu’il sera très bien, après bien sur un temps d’adaptation. Il va devoir chasser autre chose que les margouillats et les lézards. Il ne  sait pas encore ce qui l’attend. Lui aussi a eu le droit d’être pucé pour le voyage, on envisage le vaccin de la rage (pas obligatoire pour l’aller mais pour le retour, oui). Nous lui avons acheté une cage de transport homologuée, ainsi qu’un harnais et une laisse, il n’aime pas du tout. Il faudra qu’il voit le vétérinaire moins de 5 jours avant le départ pour savoir s’il peut voyager, il partira avec Thierry et les enfants le 23 juin et moi le 30 juin.

Il a fallu que je prenne un congé sabbatique de 7 mois pour notre périple de juillet à février 2011.

Thierry de son côté a du gérer la suite pendant son absence, il confie boutik moto à mon frère, son associé et il a formé son personnel depuis longtemps à ce qu’ils se débrouillent sans lui, car de si loin, il ne pourra rien faire, les contacts seront sporadiques et aléatoires. Thierry a fait des recherches depuis des années pour savoir quel véhicule, il nous fallait.

Il a vu le parcours et nous avons vu ensemble ce que chacun voulait découvrir, c’est important pour les enfants de les impliquer.

Il a pris contact avec des sponsors, la presse. Il a un projet de faire partager des petits films d’animation pour les enfants dans les villages où nous passerons. Cela nous permettra de nouer des contacts avec la population et de faire des rencontres sympas, je pense.

Pour ce qui est de la langue espagnole, Anaïs en vue de ce voyage a fait espagnol depuis la 6ème et moi j’essaie de m’y mettre mais pas toujours le temps nécessaire cela stagne un peu, je l’avoue. Thierry pas du tout, il s’était inscrit en octobre 09 à des cours mais malheureusement un accident de moto et un coude cassé en ont décidés autrement. Pour l’instant, je ne suis pas pressée de partir, je laisse le temps s’écouler, je sais que ce sera rapide car il y a encore tant de choses à faire. Ce qui me rassure quelque part, c’est que nous partons à l’aventure et à la découverte, que c’est une parenthèse qui j’espère sera agréable et que je vais revenir et retrouver une vie somme toute agréable. Une île merveilleuse, un climat, une maison sympa, un environnement cool et mon travail que j’aime. Je sais que pour les enfants, ça travaille aussi dans leur tête.

Anaïs se prépare un book avec les photos de ses amis, qu’elle pourra regarder de temps en temps si elle a le bourdon. Maxime imagine avec l’aide des livres, tous les insectes et animaux divers qu’il pourra  voir tout au long de notre voyage. Je sais qu’il y aura des larmes de versées avant le départ, que d’émotions nous nous préparons. !!

 

15 JUILLET 2010

 

Et oui, nous sommes maintenant tous en vacances. Nous sommes chez mes parents, où Thierry a révisé « Ti kaz land » comme d’habitude, des problèmes à régler à la dernière minute. La butée d’embrayage qui fait du bruit, comme nous devons faire 15000 kms, il vaut mieux la changer avant le départ, donc nous en sommes pour un embrayage neuf du coup, plus l’overdrive qui avait un mauvais contact, une vidange du liquide de refroidissement, la vitre arrière qui ne fonctionnait plus (fils électriques sectionnés dû a un mauvais remontage l’année dernière) En tout sur notre budget pour les coups durs (2000 euros prévus), il ne reste plus grand-chose (500 euros).

Les enfants ont donc quitté leurs copains, et animaux, il y a eu des larmes et puis c’est passé. Moi étant restée une semaine de plus seule, j’ai dû gérer la fermeture de la maison : vider nos affaires personnelles, refaire l’inventaire de la maison, car dès que Thierry est parti, bien sûr l’ordinateur est tombé en panne à cause d’une mise à jour de microsoft, je l’ai déposé chez le réparateur et je ne l’ai récupéré qu’au tout dernier moment avant de partir, gros stress !!!

La maison est prête à accueillir nos locataires en août et j’ai remis les clés avec un petit pincement au cœur à nos amis et famille qui vont s’occuper de l’entretien du jardin, accueil des locataires, courrier à ramasser.

J’ai travaillé jusqu’au dernier jour 14 h et je prenais l’avion le soir 22h.

Toujours ce petit stress de l’inconnu, je pense que ça passera quand nous serons sur le bateau. Le départ qui était prévu le 9 juillet a été reporté au 14 puis au 17 juillet donc dans 2 jours.

Hier nous sommes allés à Rouen voir des amis, pour moi ça faisait 6 ans que je ne les avais pas vu, ça fait super plaisir, de bons moments passés.

Nous sommes prêt maintenant pour le départ, il ne reste plus qu’à charger les affaires (vêtements) tous les listings (général et pharmacie) ont été revus.

Les derniers vaccins pour Thierry et moi ont été faits.

Thierry a pris contact avec un journaliste de « journal du 4x4 » qui a fait une interview et quelques photos et nous avons aussi rencontré le modérateur du forum « la tortue de Félix », un forum sur le net qui parle de 4x4 avec cellule.

Nous n’avons pas encore reçu la réponse de l’inspection d’académie pour l’inscription au CNED, ni les derniers livres d’anglais pour Anaïs.

Minet s’est bien adapté à la maison de mes parents, nous avons fait le changement d’adresse pour le puçage quand nous serons absent au cas ou il se perdrait.

Je me sens maintenant plus sereine au fur et à mesure, nous avons géré toutes ces petites choses, il reste l’attente … du bateau et l’Aventure commencera !

 

Le rendez-vous pour le bateau était enfin fixé au 17 juillet 14h. Nous sommes donc partis à 8h de chez mes parents, et nous sommes arrivés au Havre vers midi, nos amis de Rouen sont venus nous dire au revoir.

 

 

 

 

 

 

Nous sommes sur le bateau depuis environ 15 h hier et nous sommes toujours à quai, cela fait donc 24h. Nous n’avons eu aucun contrôle avant de monter sur le bateau, on nous a donc juste demandé en Anglais, nos passeports, notre billet et nos carnets de vaccination.

La vie est rythmée par les repas 7h30 petit déjeuner, 11h déjeuner et 18 h dîner. Notre cabine est tout a fait correcte, 2 lits une place superposés, 1 mini frigo, 1 bureau, 1 placard, 1 douche, 1 wc, 1 lavabo. Les chambres sont nettoyées tous les matins.

 

On nous a expliqué les consignes de sécurité (le point de rendez-vous, les alarmes, les bateaux de sauvetage pour 46 personnes chacun, les combinaisons, les gilets et les casques), les différents niveaux d’alerte : niveau 1 = ok ; niveau 2= risque de piratage ; niveau 3 = abandon du bateau. … tout cela est très rassurant. Nous sommes en compagnie d’un autre couple (6 passagers en tout).

Ce matin comme promis une heure de sport, la salle se trouve devant nos cabines. Il y a 2 vélos, 1 rameur cassé, 1 banc de musculation (pectoraux), 1 appareil pour cuisses et dorsaux, 1 table de ping-pong à la grande joie des enfants et j’oubliai un baby foot. Nous avons fait un peu de devoir. Anglais pour Maxime, il doit s’entrainer avec l’équipage. Je pense que pour les langues, il devrait s’améliorer. Je vais regarder le programme scolaire de Maxime, tout en étant sur le pont, il fait beau profitons-en.

mercredi 21 juillet

 

Aujourd’hui nous avons quitté  le Havre en début d’après-midi. L’excitation était à son comble pour tous, mais surtout Maxime. Il pleuvait et faisait tout gris, alors que depuis des jours, nous avions du soleil.

Nous gardons toujours le même rythme, 7h30 petit-déjeuner, vers 8h30 jusque 9h30 ou 9h45 sport, ensuite douche et école jusqu’au repas de 11h. De ce fait la matinée passe vite. Après le repas, l’attraction était le DEPART !!!

Nous sommes passés par une écluse avant de rejoindre la mer. Des escales vont être supprimées pour regagner un peu de temps.

Encore du travail scolaire, j’essaie de couper en 3 phases d’une heure pour Maxime, car il a du mal à être concentré plus longtemps.

Maintenant nous sommes devant le Cotentin, le soleil est de retour, nous voyons les côtes, je suis sur le pont. Il fait un peu frais, mais c’est agréable. Pour l’instant, je ne suis pas malade, on sent seulement des vibrations mais pas de tangage. Je pense à mon collègue de travail C., qui espérait bien que j’allais vomir à bord, il se reconnaîtra.

On croise plusieurs bateaux dans la zone. Je pense que notre prochaine escale sera Dakar.

L’équipage s’active à nettoyer le pont du côté des poubelles qu’ils n’ont pas jetées au Havre (je pense que ça doit être trop cher là-bas, il doit y avoir trop de taxes).

Thierry a branché le GPS pour suivre notre progression.

Anaïs a travaillé aussi. Les enfants se divertissent en jouant sur le PC ou regarde un film.

Après le repas, nous jouons parfois au scrabble et ping-pong avec nos compagnons de voyage, et encore une journée de passée.

Nous sommes restés sur le quai du Havre 4 jours, car il manquait une pièce pour le bateau. On se demandait si nous allions finir par partir un jour et voilà c’était donc aujourd’hui avec 12 jours de retard sur la date fixée au départ initialement et  5 jours après la convocation.

 Le vendredi 23 juillet

 

Hier, la mer était un peu plus remuante face à la Bretagne, j’ai donc eu un peu de nausées, j’ai pris 2 comprimés dans la journée de « mercalm » et aujourd’hui bien que le bateau tangue encore, j’arrive mieux à supporter, sans comprimés cette fois-ci. J’ai même pu faire du sport, c’est vrai que faire du ping-pong alors que le bateau penche c’est un peu spécial.

Tout le monde va bien, on suit toujours le même rythme, rien de spécial à raconter, nous étions ce matin à la hauteur du Portugal. On sent qu’il fait plus chaud, il y a du vent mais on supporte très bien, un ciel sans nuages, nous n’avons pas encore vu de poissons. C’est l’heure de l’école ….

Hier nous avons reculé d’une heure par rapport à la France ,nous avons donc passé notre 1er fuseau horaire.

 

Le dimanche 25 juillet

 

Hier au moment du dîner, nous avons encore changé d’heure. Nous allons dormir une heure de plus, c’est assez amusant de passer les fuseaux horaires à cette vitesse. Nous devions être aux alentours des îles canaries.

Pour l’instant, à part pas mal de bateaux de marchandises en face des côtes françaises, il n’y a ni poissons, ni oiseaux. Et maintenant plus de bateaux non plus. Il n’ y a que la mer bleue et calme, heureusement.

Tout le monde à l’air content de faire escale à Dakar.

Lofi, un membre de l’équipage, nous a dit qu’il aimait bien Dakar. Nous avons pas mal discuté avec lui, hier soir. Surtout Thierry qui même sans bien parler l’Anglais, ose se lancer dans des discussions et il arrive à se faire comprendre.

Lofi est indien et vit à Goa, il travaille sur le bateau pendant 6 mois. Il aimerait dans un an ou deux, travailler en Angleterre mais il lui faut une nationalité européenne, pour que ce soit plus facile.

Apparemment nous allons faire escale à Dakar, un jour et demi, nous espérons pouvoir profiter de ce moment pour trouver un cyber café.

Les enfants vont donc avoir l’occasion de connaître une ville africaine. Ce qui est bien, nous a-t-on dit, c’est que le port est dans la ville même.

Aujourd’hui nous allons aussi avoir une alerte et faire une simulation d’abandon du bateau. Vendredi nous avons eu une alerte au feu, il a fallu enfiler nos gilets de sauvetage, nos casques et prendre notre sac avec la combinaison en néoprène, et  nous nous sommes retrouvés au point rencontre sur le pont. C’était amusant car ce n’était qu’une SIMULATION, mais sinon, nous n’avons pas été très rapide, il faudra faire mieux la prochaine fois…

 

 

 

 

 

 

 

Nous avons dû faire l’inventaire de tous nos objets électroniques (GPS, appareils photos, caméra, ordinateurs, NDS, PSP, IPOD ainsi que alcools et cigarettes mais ça nous n’en avons pas.)

Les bouteilles de rhum qui étaient restées dans « Ti Kaz Land » ont été mises sous clés sur le bateau. C’est pour la déclaration en douane. 

 

Mardi 27 juillet

 

Aujourd’hui, nous sommes arrivés à Dakar (Sénégal). J’ai pensé à Valérie qui me disait que les bateaux devaient arborer le drapeau du pays dans lequel ils étaient, et bien oui c’est bien ça !!!

Ce matin, nous avons découvert Dakar depuis le bateau. Ensuite après le repas, nous sommes partis à la découverte de la ville. Il nous a suffit d’avoir notre badge de passager du Grande San Paolo pour pouvoir sortir du port (aucun soucis de paperasserie).

La langue, ici est le français (bien pratique pour nous, il faut le dire)

 

 

 

 

 

 

 

Dès que nous sommes sortis du port, nous avons été assailli par des « guides » qui voulaient nous faire visiter la ville. Il a fallu en décourager plus d’un, mais malgré cela, il y en a un qui a été plus tenace que les autres et qui nous a donc accompagné dans ce bain de foule. Aux abords du port, il semblerai que ce soit le marché partout dans les rues. Des vêtements, des chaussures, de l’artisanat (statuettes, colliers, boubous..) Il faut marchander sec, pour ne pas trop se faire avoir.

C’est un peu oppressant, tous ces gens qui nous abordent sans cesse pour nous faire acheter tout et n’importe quoi. Maxime a eu une petite crise de panique et voulait retourner au bateau, et puis ça c’est passé petit à petit. Anaïs, jolie blonde a été repérée, bien sûr.

Il faisait un peu chaud, tout le monde circule un peu n’importe comment. Il y a un agent qui fait la circulation dans les carrefours, il n’y a pas de passage piéton, on traverse où et quand on veut, ou peut.

La vie ici n’est pas très bon marché. Le taux de change était de 650 CFA pour 1euro.

1500 CFA pour 50 kg de riz environ 23 euros

2500 CFA le steak et frites

Pour tous les personnes qui ne gagne pas beaucoup, ça ne doit pas être facile. Nous avons réussi à envoyer quelques messages dans un cyber café pour rassurer la famille.

Ensuite, retour au bateau, où nous avons pu observer le boulot des dockers avec les containers et voitures à débarquer, chapeau !! Ils manient tout cela avec dextérité et une rapidité étonnante. C’est intéressant de pouvoir découvrir cela. Nous devons reprendre la mer, cette nuit pour Conakry et Freetown, mais nous ne pourrons pas descendre car il faut un visa.

 

Samedi 31 juillet

 

Il nous a fallu 24 h pour arriver devant Conakry (Guinée), mais nous avons dû attendre une journée sur place car il n’y avait pas de place dans le port pour nous et il y a du mauvais temps, il pleut.

Nous avons fêté notre anniversaire de mariage en attente sous un temps pluvieux, super. Thierry, la semaine précédente avait demandé au cuistot (Rocco, un italien) de nous préparer une petite surprise pour nos 15 ans. Il nous a donc fait un super gâteau et nous avons débouché deux bouteilles de champagne (italien aussi). Le seul soucis, c’est qu’entre temps, le second du commandant, nous a demandé de préparer un gâteau surprise pour l’anniversaire du cuistot et c’était le même jour.

Nos compagnons de voyage et nous, avons donc préparé un crumble aux pommes pour le cuisinier. Nous avions les clés de la cuisine. Le crumble a chauffé un peu trop, mais il n’était pas mauvais tout de même et nous avons mangé deux desserts ce soir là.

Le lendemain, escale à Conakry l’après-midi. L’équipage a travaillé jusqu’au soir, nous les avons observés. C’est intéressant de découvrir le travail de chacun.

Les dockers ne travaillent pas en sécurité pour le déchargement des containers, ils doivent grimper dessus et placer à la main le système de levage qui sera ensuite soulevé par la grue.

Un homme qui se trouvait sur le quai à essayer de monter à bord en grimpant sur le système de levage, il était à 20 m du sol quand le grutier l’a vu.

Il y a des « commerçants » qui proposent des téléphones portables, lunettes, montres de toutes sortes, qui sont sur le quai. Nous ne sommes pas descendu car nous n’avions pas de visa. De plus pour la sécurité, les grilles des différents ponts sur le bateau étaient fermées, pour éviter les passagers clandestins ainsi que les vols, c’est comme cela à chaque escale.

Nous avons quitté Conakry ce matin, pour rejoindre free town (Sierra Leone) vers midi, d’après le GPS il y avait environ 120 kms à faire.

Depuis le bateau, la vue sur Free Town est jolie, une baie, des criques, de la verdure, dommage qu’il pleuve encore. Quand on se rapproche, on voit des maisons en tôle presque sur pilotis, tellement elles sont au bord de l’eau. Il y a des petites barques avec des pêcheurs qui rament plus ou moins vite quand ils se trouvent devant notre bateau.

Ici c’est l’équipage, y compris le commandant qui a enfilé un bleu de travail pour aider au déchargement des véhicules, ils ont travaillés très tard.

Nous repartirons vers 5h du matin demain, et cette fois-ci ce sera pour la traversée de l’océan Atlantique, environ 5 à 6 jours sans escale.

 

 

Lundi 2 août

 

Nous sommes presque au milieu de l’océan, cette nuit nous passerons l’équateur. La nuit dernière nous avons déduit encore une heure et cette nuit aussi. Nous en sommes à 4 h de décalage avec la métropole.

Aujourd’hui il y avait moins de vent qu’hier, malgré cela j’étais plus nauséeuse, encore merci mercalm.

Nous voyons de temps en temps des poissons volants, ils ressemblent à des petits oiseaux qui volent à la surface de l’eau et replongent au bout de quelques mètres.

Il y avait des dauphins près des côtes africaines mais maintenant nous n’en voyons plus.

Les enfants travaillent en général 3h par jour pour l’école, c’est parfois difficile pour Maxime de se concentrer. Aujourd’hui, nous avons demandé à visiter le bateau.

On nous a montré les étages de voitures neuves, camions et engins de chantier divers. Nous avons vu aussi la salle des machines, les moteurs utilisent 70 000 litres de carburant par jour, c’est impressionnant.

Nous avons appris que l’eau de la douche, et du robinet provient de la mer, elle est ensuite chauffée, et ils récupèrent l’eau douce par évaporation, puis il y a un système automatique et continu pour le chlorage.

Il y a des moteurs secondaires en cas de problème avec les premiers.

Le pont-levis à l’arrière du bateau pèse 250 tonnes. Les cordes d’amarrage sont d’un diamètre d’environ 10 ou 15cm. Pour se rapprocher du quai, il y a un système de propulsion qui dirige le bateau de côté.

Les eaux usées sont déversées dans la mer, ainsi que les déchets alimentaires, le reste des déchets est repris dans les ports comme Dakar ou Santos, car les taxes sont moindres.

Dans la cabine de pilotage, toutes sortes de radar, GPS, alarmes, mais cependant ils gardent toujours le calcul de la trajectoire sur papier ou avec des cartes au cas où il y aurait un problème électronique.

De mon côté, je suis en vacances, pas de repas à préparer, pas de ménage, pas de repassage, il me reste seulement les lessives mais nous avons à disposition, un lave-linge et un sèche-linge, bien pratique ici.

Pour nous occuper entre les repas, nous nous astreignons à une heure de sport quotidienne, nous jouons au ping-pong (Maxime s’est nettement amélioré), la lecture, l’école, les DVD, jeux divers.

Ce soir Thierry a envoyé un message par mail via le satellite depuis le bateau. On attend des nouvelles en réponse, je pense à nos locataires qui doivent être arrivés . J’espère que l’endroit leur plaira et que tout fonctionnera bien.

Thierry pense un peu au travail, il est vrai que par moments, on commence un peu à s’ennuyer.

Thierry et la routine n’ont jamais fait bon ménage. Anaïs qui ne lisait pas beaucoup, c’est découvert une passion pour les romans, et écoute son IPOD en pensant à ces copines. Maxime, aussi pense à ces copains et à ce qu’il va leur raconter au retour, minet notre chat lui manque par moment.

Et moi, je me dis que l’on a encore pas mal de jourS à faire sur le bateau.

Je pense à ma famille, mes collègues et amis, à ce que l’on va voir quand on sera arrivé et je me dis que l’on a bien de la chance d’avoir pu se donner les moyens de faire ce voyage.

 

 

Jeudi 5 août,

 

Encore un fuseau horaire de passé dans la nuit du 3 au 4 août.

Hier, alors qu’il était 21 h à la Réunion et 14 h pour nous, nous avons atteint le continent SOUTH AMERICAN !!!!

Nous avons fait escale à Suarez au Brésil, un nouveau port près de Récife, qui est encore en construction.

Avant d’arriver, nous avons vu apparaître dans une brume des immeubles tout le long des plages, ce devait être Récife. Drôle de sensation, après tant de jours de mer.

J’ai une pensée pour les conquistadors qui voyageaient si longtemps pour venir découvrir une autre terre, quel courage !

A Suarez, il faisait beau et chaud, avec des plages et des cocotiers, mais personne sauf sur une plage un peu plus loin où il y avait des parasols.

Nous avions envie de nous promener sur le bord de mer, mais ne pouvions pas y accéder.

Nous sommes repartis le soir même et nous voguons maintenant ver Rio de Janeiro, que nous devrions atteindre le 7 août au matin, où là nous espérons pouvoir sortir du bateau.

Il est vrai que cela commence à me peser.

J’ai envie de rejoindre la terre ferme, je n’ai décidément pas le pied marin !

Cela fait 20 jours que nous sommes sur ce bateau.

Le capitaine nous a donné une feuille de route qui indique que si tout va bien nous devrions atteindre Buenos Aires le 14 août vers midi.

Nous avons eu le plaisir de recevoir ce matin, une réponse à notre mail de la part de la maman de Thierry, avec des bonnes nouvelles, ça nous a mis du baume au cœur.

Ici, il faut dire que nous sommes coupés du monde, nous n’avons pas de nouvelles fraîches, ni moins fraîches d’ailleurs.

Pas de télévision, pas de journaux, pas de radios, la mer à perte de vue et le vent en plus, aujourd’hui.

Quand je pense que l’on me disait que les gros bateaux ne bougeaient pas.

Imaginez-vous avec pour bruit de fond, le ronronnement d’un moteur, des tremblements et un lent balancement permanent ceci de jour comme de nuit…et encore nous n’avons pas eu de tempête, je vous laisse rêver……

Vendredi 6 août

Aujourd'hui ce fut une journée merveilleuse, ce matin en allant prendre le petit-déjeuner, quelle ne fut pas notre surprise de voir des baleines à l'horizon.

En fait nous en avons vu des dizaines et des dizaines (sans blague) ainsi que des orques et des dauphins.

La mer était calme presque un lac, le soleil était de la partie aussi.

Toute la matinée, et oui ce jour là, pas de sport ni d'école, nous nous sommes régalés en guettant les baleines faire leur spectacle.

On en voyait 3 ou 4 à la fois de tous les côtés du bateau, cela a duré toute la matinée, l'après-midi nous avons fait école et j'en voyais encore par le hublot du salon.

Je pense que nous avons eu la chance de passer dans le couloir de migration, ce n'est pas possible d'en voir autant en mêmê temps. 

C'était une journée INOUBLIABLE!!!!

 

 

 

 

Dimanche 8 août

 

Hier, nous avons fait escale à Rio. Nous devions quitter le bateau le matin après le petit-déjeuner, mais celui-ci n’est arrivé que vers 9h30 et le temps que les personnes de l’immigration montent à bord, nous n’avons pu sortir que vers 12h30.

Nous étions un petit groupe avec 4 membres d’équipage, le couple de voyageurs et nous 4, nous avons dû prendre 3 taxis.

Je suis montée avec un membre de l’équipage et le couple et Thierry et les enfants dans un 2ème taxi. Nous pensions que les taxis allaient se suivre, mais ils se sont perdus.

Nous avions demandé Copacabana (la place et le centre ville commercial). Depuis le port cela nous a coûté environ 40 reals (1euro=2.35 reals)

Il ne nous restait que 3 h de libre car nous devions rejoindre le bateau à 16h.

Nous avons cherché une banque, fait quelques achats et envoyé quelques mails (5 reals/1h).

Nous avons rencontré un jeune homme qui parlait bien français, en fait il avait vécu 19 ans à Marseille. Il nous a dit que maintenant il y avait la wifi en ville et que c’était devenu une loi.(pour Thierry ça n’a pas marché !!?)

La ville semble très agréable à vivre, en tout cas dans ce quartier. Il faisait 25° malgré l’hiver, et du soleil. La ville est très étendue, elle est surplombée par le christ sur une colline (comme tout le monde le sait). Il y a surtout des immeubles pas vraiment d’architecture, comme à Paris. Quelques jolis jardins, mais ce qui est le plus magnifique c’est le bord de mer avec sa belle avenue style « avenue des anglais » à Nice, mais en plus grand et le sable fin et clair.

Tous les sportifs de la ville doivent se retrouver sur la plage, ils s’en donnent à cœur joie (beach volley, foot ,musculation ,vélo , footing, tennis), ceci tout le long de l’esplanade.

Il y a une voie piétonne avec des cabanons pour se désaltérer et des marchands ambulants qui vous proposent des colliers, des paréos, des parapluies, couvertures, mais ils ne sont pas insistants.

Après avoir bu, en terrasse sur le bord de mer, il fallait déjà retourner au bateau en taxi.

C’était une courte escale, mais qui nous a fait du bien, car nous n’étions pas sorti du bateau depuis Dakar (11 jours).

 

Le bon côté de Rio c’est Copacabana, mais il ne faut pas oublier qu’il y a aussi les favelas sur les collines alentours et près du port.

Tout c’est bien passé car j’ai retrouvé le reste de la famille à 16h au bateau.

Ils étaient sur un marché en bord de mer. Maxime s’est acheté un piranhas empaillé magnifique, j’espère que l’on ne nous le confisquera pas à une douane quelconque, il serait déçu.

Anaïs a acheté un tee-shirt « I love Rio », un maillot de bain « brésilien » bien sur.

Aujourd’hui, nous devrions faire escale à Santos pour 2 jours, j’espère que nous pourrons en profiter un peu plus car 3h c’est trop court.

Mardi 10 août

 

Aujourd’hui nous sommes repartis de Santos, nous y sommes arrivés le 8 août, je ne sais pas si c’est parce-que c’était dimanche, mais nous n’avons pas pu accoster ce jour là, il nous a fallu attendre 24 h en mer, en stationnement avec une centaine d’autres bateaux.

Il faisait un temps gris. Hier nous sommes descendu pour la journée à terre.

Un taxi nous a emmené pour 30 reals, au centre ville et à la plage.

Le bord de mer est agréable mais la ville n’a pas beaucoup de cachet, ceux sont toujours des immeubles souvent à la devanture carrelée, ils sont sécurisés avec des barrières et parfois un gardien.

Nous avons trouvé un centre commercial avec internet, où nous avons pu joindre la famille par téléphone grâce à skype. C’est pratique et peu onéreux. Notre chauffeur de taxi est venu nous rechercher l’après-midi à l’heure prévu pour nous ramener au bateau. C’est un exploit, car pour se faire comprendre quand on ne parle pas le portugais, mal l’espagnol, et que le chauffeur ne parle pas ou peu anglais. !!!

Ici c’est l’hiver, et comme à la Réunion, il n’y a plus personne qui se baigne, il faut dire qu’il faisait 18° avec un peu de vent.

Aujourd’hui, journée un peu triste, du fait du temps, nous ne pouvons pas aller sur le pont, et parce que nous reprenons le bateau, avec nos journées monotones.

 

Samedi 14 août

 

Hier nous sommes arrivés à Zarate, notre 1ère escale en Argentine. Nous devions y arriver le 12, mais comme il y avait du vent, nous avons dû attendre, encore une journée de perdue.

 Donc le 13 août au matin, nous nous sommes engagé dans le Rio de la Plata qui en fait passe devant Buenos Aires et continue par le rio de Parana jusque Zarate et plus.

Nous sommes dans une zone de marécage, les maisons sont sur pilotis et heureusement car à cause du vent, il y a eu des inondations comme vous le verrez sur les photos. Cela s’appelle avoir une résidence secondaire « les pieds dans l’eau ».

Nous atteignons donc Zarate (immense zone de stoquage de voitures neuves) ,en début de matinée, et dès que le bateau est à quai, nous sommes tous prêt à débarquer. Après l’autorisation de la « préfectura », nous prenons un taxi qui nous amène en centre ville(environ 10mn de là et 20 pesos = 4euros). La ville n’a rien de particulier, une place avec un jardin et une rue principale commerciale ; Encore une halte dans un centre internet, puis le soir nous avons dîné dans un restaurant pour nous changer du bateau. C’est très agréable d’entendre ou de lire l’espagnol car enfin nous arrivons à comprendre quelque chose et on peut voir que nos leçons servent un peu. Heureusement Anaïs vient à notre secours car elle maîtrise mieux que nous, étant donné qu’elle a fait 3 ans d’espagnol à l’école.

Nous ne rentrerons au bateau que vers 22 heures.

Ce matin, nous avons fait une dernière virée en ville pour faire quelques achats car demain c’est le 15 août (dimanche et férié) et le 16 août (férié aussi) car c’est l’anniversaire de la mort du général San Martin libérateur du pays.

Nous avons appris que le bateau doit repartir demain matin vers 6h, pour se rendre enfin vers Buenos Aires. On sait à peu près quelle est l’heure de départ mais celle d’arrivée est encore inconnue……

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Commentaires (9)

1. simon boissinot 26/09/2010

coucou nathalie !

je viens de voyager en te lisant. C'est incroyable l'expérience que tu es en train de vivre avec ta famille. Je suis sûr que tu profites bien et j'espere que tout va bien.

En ce qui me concerne, ça va bien. J'ai bien repris ton remplacement. Pas mal de boulot, mais l'ambience est toujours sympathique.

J'ai bien profité de mes deux mois de vacances en métropole, je me suis meme permit une semaine à New York.

Voilà, maintenant l'été arrive à la reunion, les températures remontent, les baleines sont bien présentes.

J'espere qu'on aura l'occasion de se revoir à ton retour, vu que ce ne sera pas au boulot.

Je voulais te dire que tu me manques dans l'équipe et que j'ai été ravi de travailler avec toi et de te rencontrer.

Profite encore beaucoup de ce voyage et de cette expérience.

Pleins de bisous à toute la famille.

A bientot

2. sophie francis noéline et diego 29/08/2010

Super vivement la suite !

Profitez pleinement de tout et merci de nous le faire partager

Biz

3. HOAREAU 22/08/2010

encore merci mes canards de veiller sur nos affaires
bises
thierry
ps enfin ça a commencé mise à jour aujourd'hui

4. gg eric vic angie 19/08/2010

JOYEUX ANNIVERSAIRE
une grosse pensée pour vous tous en ce jour particulier.
Nous avons un grand plaisir à vous lire.
Ainsi nous avons l'impression de voyager aussi.
Une grosse bises aux enfants et à vous deux.
Dans l'attente de vous relire
bye
GG

5. Jean-Christophe 17/08/2010

Bonjour
Je vous ai suivis un moment sur l'avenue du Libertador ce matin à Buenos Aires.
J'ai essayé de vous faire un coucou mais je ne crois pas que vous m'ayez vu.
Il faut dire qu'une voiture immatriculée en France, en dehors de la période du Dakar, on n'en voit pas beaucoup par ici ! Et comme je ne suis pas rentré "au pays" depuis plus de 2 ans, je suis un peu nostalgique ;-)
Je suppose que vous venez de débarquer ?
Bonne continuation pour votre super aventure ; n'hésitez pas à m'écrire si vous avez des questions sur Buenos Aires !
++
JC

6. Charles Carton. 14/08/2010

Très bon talent de conteuse,ça se lit avec plaisir et on est impatient de connaître la suite.Profitez bien de votre aventure exceptionnelle.
Bises à toute la famille.
Charles et Michou.

7. valérie Binson 14/08/2010

Excellent votre blog! Merci de nous faire partager votre voyage et cela doit rassurer les parents!!
Dr, dur la vie sur un bateau, c'est monotone, oui!! Mais cela fait philosopher!!
Bises à tous les quatre et à bientôt au plaisir de vous lire!!!

8. Gilles Gret 13/08/2010

Bonjour à tous les quatre!
Pas encore arrivés en Amérique du Sud que vous nous faites déjà rêver! On vous envie bien, profitez bien de ces bons moment, on vous suit d'ici!
Bises aux filles et poignées de main aux gars!

Gilles et Elisabeth

9. mira nathalie 08/08/2010

Salut ma Nat,
J'ai parcouru avec délectation votre site,je reconnais bien là les 2 loulous toujours partant pour une virée et sacrée virée!!! Je pense bien fort à vous 4,soyez prudents,profitez bien de votre aventure exceptionnelle. Gros bisous.
Nat,Jade,Perrine.

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